Orkode

Pourquoi je ne trouve jamais de vêtements vraiment à ma taille?

by Amélie Faligot













C’est un mystère !



Quand on parle de mode, il y a une espèce d’aura presque mystique sur la création et la fabrication des vêtements.

C’est comme si on passait directement de l’idée au défilé…

Mais entre le dessin et le vêtement en boutique il y a un long chemin à parcourir et il est à la fois simple et complexe…

C'est simple...



Si l’on en croit le reportage typique sur la mode : un styliste dessine une robe, le dessin est sublime, les détails somptueux, le tissu incroyable et on se voit immédiatement dedans…

D’ailleurs, comme par magie, dans quelques minutes cette robe sera présentée, portée par une mannequin toute en jambes. La coupe, le style, tout nous plait et en fermant les yeux on pourrait même se voir dedans…

ou pas…

parce que bon, les grands stylistes et la haute couture, c’est comme les grands joueurs de foot, beaucoup de candidats et peu d’élu(e)s… Mais la réalité est toute autre, le sur-mesure n’est plus la norme et il y a beaucoup plus de contraintes pour les marques de prêt-à-porter…

Les stylistes créent pour une femme idéale



Au début de chaque histoire de marque il y a un/e créateur/trice qui veut montrer au monde sa patte créative, son avis sur le sujet et chaque marque a son modèle idéal.

C’est souvent la créatrice de la marque ou une “muse”, c’est à dire une femme idéale pour le créateur (voire un fantasme 😉)

Et quelques soient les stylistes qui suivront, ils se feront un devoir de suivre les pas du “maître”. On le sait pour les grandes marques mais moins pour les grandes chaînes plus standards. 

Yves Saint Laurent saharienne

Yves Saint Laurent a créé des silhouettes très longilignes et "garçonnes"

Azzedine Alaia collection Tati

Azzedine Alaïa quant à lui aimait les mettre en valeur les courbes des femmes

J’ai été styliste


pour une marque dont tout le bien-aller (le joli tombé du vêtement) était fait sur la créatrice…

ce qui peut sembler idéal mais les vêtements ne lui allaient sans doute pas de la même manière après son deuxième enfant…

Les mensurations de la marque ont sans doute été révisées, ce qui aura probablement eu pour conséquence de faire varier les tailles. Il est probable que pour cette marque, une taille 40 en 2020 ne soit pas la même qu’en 2010...

Tout le monde boude certaines enseignes. En supposant que rien ne nous ira dans ces magasins.

Et c’est vrai…

Si vous ne rentrez pas dans les “codes maison” c’est la déception assurée (Sans parler des marques dont la plus grande taille est le 40…) même pour ce petit haut qui vous fait de l’oeil et dont la couleur serait parfaite pour votre carnation...

En réalité, en tant que styliste en prêt-à-porter vous devez coller à ce qui se fait dans la marque, il y a peu de place à la créativité… Le vêtement idéal pour une marque doit:
          - Être dans la tendance
          - Correspondre à la cliente idéale de la marque
          - Être à peu près qualitatif mais coûter le moins possible

Que l’on fasse du 38-40 ou du 50, on a les mêmes problèmes de marques qui nous vont ou pas.  



La grande différence c’est que l’offre est pléthorique en 38-40 et insignifiante en 50...

Parlons morphologie.


Je suis grande et plutôt menue du haut mais j’ai toujours eu des cuisses et des fesses.

Une de mes amies est plutôt petite, avec beaucoup de poitrine et d’épaules mais des jambes toutes fines.

A une époque, nous faisions toutes les 2 du 40 et autant vous dire qu’à aucun moment nous n’avons acheté des vêtements dans les mêmes boutiques (ni le même genre d’ailleurs…)

Dans l’ADN d’une marque, il y a des mensurations types ou “idéales”. Sans jugement de valeur c’est une obligation sinon le vêtement à défaut d’aller à une partie des femmes, n’ira à personne…

Et il faut avouer que le sujet est moins important sur les petites tailles que sur les grandes. Plus on monte en taille, plus les différences morphologiques sont importantes.

Mon professeur de modélisme à ESMOD disait que personne ne grossit de la même manière et que c’est ce qui rend la gradation (montée en taille) si difficile… Même pour les hommes.

Au-delà du 42-44 il y a 2 défis majeurs.

Bustes de couture by Markus Spiske

Photo by Markus Spiske on Unsplash

La première est donc la morphologie.



Il faut choisir.

Poitrine ou pas? Cuisses ou pas?

Les vestes par exemple. J’ai fait la création pour une marque dont je ne pouvais pas porter les vestes parce qu’elles étaient systématiquement trop grandes au niveau de la poitrine.

Mon amie (toujours la même) doit toujours prendre une taille au-dessus pour rentrer ses seins et pour pouvoir passer les bras… Mais du coup, elle a toujours une carrure de footballeur américain...

Comment créer une collection qui satisferait tout le monde ? Ce n’est pas possible en ayant des stocks disponibles dans toutes les morphologies.

Les marques doivent faire des choix. Et c’est souvent celui de ne pas monter en taille.

La deuxième est la rupture de gradation.


Si entre le 36 et le 42 on fait une augmentation linéaire des tailles (c’est à dire que l’on donne 1cm en plus pour chaque taille par exemple) ce n’est plus possible après, il faut reprendre complètement le patron.

Ces “ruptures de gradations” sont à faire à peu près toutes les 3-4 tailles.

Nous avons toutes fait l’expérience du top dont l’emmanchure descendait beaucoup trop bas laissant visible l’intégralité du soutien-gorge….

C’est de cela dont il s’agit. Il faut des modélistes spécialisés (comme Sylvie d’ORKODE) qui connaissent cette particularité et la maîtrisent.

Petit aparté sur le prix


Plus on monte en taille, plus il faut de tissu, c’est évident pour tout le monde et je ne vous apprends rien.

Par contre, ce dont vous n’avez pas conscience c’est de la quantité supplémentaire.

Pour un pantalon en 56, on peut avoir besoin de 2 fois plus de tissu que pour un 36.

Non pas que le 56 soit 2 fois plus grand que le 36 mais nous avons la contrainte de la largeur du rouleau de tissu (qui fait entre 1,2m et 1,4m la plupart du temps).

Et il faut placer le patron sur cette largeur. Pour certaines pièces comme les robes évasées, il est même impossible de placer le patron sans rajouter des coutures.

Alors évidemment nous avons des techniques pour économiser le tissu mais c’est quand même un sujet.

Vous en savez un peu plus...


J’ai longtemps rêvé des faire les boutiques avec mes amies sans distinction de morphologie mais je sais maintenant que c’est impossible… J’en ai pris conscience il n’y a pas si longtemps.

Orkode bande de copines vêtements grande taille

Mais comme je suis têtue 😇 j’ai quand même toujours envie de proposer des modèles qui iront à toutes les femmes…

Comme vous l’avez compris, la faisabilité n’est pas un problème mais le stockage en est un.

La solution est donc la pré-commande et une production en fonction de ce que vous voulez…

Il y a plein de choses en préparation pour ORKODE ! 

Amélie - 11 Juin 2020

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1 comment

  • Denise BaronOct 16, 2020

    Bravo Orkode, vous etes sur bonne route,il
    Est grand temps de s occuper de celles qui n ont jamais eu ou l age venu nMessage ont plus la silhouette “Twiggy”

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