Orkode

Les soldes

by Amélie Faligot













Aujourd’hui aurait dû être le premier jour des soldes ! 


Mais après plusieurs semaines de confinement, Les soldes sont reportées au 15 juillet et c’est une bonne nouvelle !

Comment comprendre pour une marque de vêtements qui fait 2 collections par an (et pas une toutes les 3 semaines comme Zara par exemple) que ses produits seront soldés avant même le début de la saison?! C’est une question à laquelle je n’ai toujours pas répondu.

Mais eu égard au contexte actuel, le gouvernement a accédé à la demande de report des soldes et les grands groupes de textile qui d’habitude s’y opposent n’ont pas bougé.

Il semblerait que les Français remettent en question leurs habitudes de consommation...

Notamment en ce qui concerne les vêtements.

"Les consommateurs ont entamé une large introspection sur leurs achats : pourquoi s'habille-t-on, pour qui, en quelle quantité, pour quelle qualité... Ces questionnements, qui étaient loin d'être inédits, n'ont été que renforcés par la crise", explique ainsi à L'Express Thomas Delattre, professeur spécialisé dans les comportements du consommateur à l'Institut Français de la Mode (IFM).

Mais sommes-nous prêts à payer un prix plus juste pour un vêtement parce qu’il est fait localement? et quel est ce prix en réalité?

Sommes-nous prêts à une consommation textile plus responsable? moins mais mieux? à attendre notamment?

Avec l'avènement de la Fast Fashion,

des chaînes type H&M, Gap, Primark, même Zara, on peut trouver un tee-shirt pour moins de 4€.

Pour arriver à ces prix, les marques de Fast Fashion appliquent les méthodes de la grande distribution à la mode. C’est à dire, acheter pas cher des jeans, robes, chemises, gilets et autres à des usines qui produisent à très bas coût à l’autre bout du monde.

Ces marques se sont développées dans les années 1990 et sans tomber dans le “c’était mieux avant”, vivant en province, je n’y avais pas accès et à aucun moment cela ne m’a manqué 😅!

Yves Saint Laurent saharienne

Photo by Artem Beliaikin on Unsplash

J’ai le souvenir
d’avoir économisé pour m’acheter le jean 501 (dont nous rêvions tous à l’époque) que j’ai porté et gardé de nombreuses années… il est d’ailleurs dans les vêtements que j’ai encore même si je ne rentre plus dedans depuis des années 😊.

Mais pas, d’acheter, pas cher, un vêtement presque jetable…

Pensez-vous que c’est vraiment possible de payer correctement chaque intervenant en vendant un tee-shirt moins cher qu’un sandwich? La comparaison n’est pas de moi mais je me dis que des prix aussi bas cela veut dire qu’à un moment de la chaîne de valeur, quelqu’un a été exploité.

La tragédie du Rana Plaza
en 2013 et le scandale qui s’en est suivi n’ont semble t’il eu qu’une portée symbolique…

Oubliées les victimes de cette industrie des vêtements jetables, ces marques de fast fashion cherchent toujours à faire le moins cher possible.

Je sais qu’un des grands enjeux du commerce est que le vendeur aussi bien que l’acheteur soient contents… mais est-ce uniquement le prix qui fait choisir une marque plutôt qu’une autre? Le juste prix n’est-il pas celui qui permet à tout le monde de vivre correctement de son travail?

A priori, tout le monde sait calculer le prix d’un vêtement:
Le coût des matières premières (tissus, fil, fournitures, emballage…)
+ le coût du travail fournit par les différentes personnes qui interviennent pour réaliser le produit, le transporter, le mettre en boutique
+ le coût des infrastructures (usines, bureaux, boutiques)
+ la marge réalisée pour pouvoir faire des investissements et lancer d’autres collections…

Alors faire rentrer tout ça dans les 4€ du tee-shirt de la fast fashion, je ne sais pas faire! 



Evidemment, ce sont des prix d’appel et cette pression du prix n’est pas sur tous les vêtements, mais c’est quand même assez choquant!

Le problème c’est que plus personne ne sait ce qu’est le bon prix pour une robe ou même un jean puisqu'il y en a à tous les prix (et qu'ils semblent identiques...). Et les soldes et promotions tout au long de l’année achèvent de nous perdre…

Bustes de couture by Markus Spiske

Photo by Claudio Schwarz on Unsplash

Les soldes,

à la base, sont pour permettre aux boutiques de vendre les sur-stock de vêtements et tout ce qui ne s’est pas vendu pendant la saison. Alors dans ce cas, pourquoi solder en juin les maillots de bain que l'on va porter en juillet et août? En janvier les manteaux d’hiver que nous aurons sur le dos jusqu'en mars, au mieux?

Les marques ou les boutiques de vêtements ont fini par intégrer ces ristournes dans le prix proposé au départ… c'est un comble!

Comme de toute façon une partie des modèles sera vendue en soldes, il faut prévoir une marge supplémentaires pour intégrer les soldes et ne pas finir par vendre à perte!

Une des solutions
pour mieux produire sans créer trop de sur-stock de vêtements est de faire à la demande.

Mais cela implique de ne pas avoir son article immédiatement. Pour nous qui sommes de plus en plus habitués à l’immédiateté, à avoir les choses dès que nous en avons envie, ce serait une forme de consommation plus lente et plus responsable.

Mais en sommes-nous capable? Je trouve l’idée assez séduisante, cela voudrait dire que chaque jupe, chemisier ou veste qui arrive dans mon armoire a été soigneusement choisi et sera d’autant plus apprécié(e).

Ce confinement, cette obligation à l'arrêt nous a montré que nous étions capable d’attendre, de se faire une raison…

J’imagine qu’il est possible de continuer sur cette lancée et de l’appliquer pour la mode, qu’en pensez-vous?

Amélie - 24 Juin 2020

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